Paris Match a été condamné vendredi à verser 12.000 euros de dommages et intérêts à l'actrice Laura Smet, pour avoir publié dans son numéro du 7 janvier une série de clichés la montrant devant l'église de Saint-Germain-des-Prés, quelques minutes avant son malaise du 4 janvier.
Le juge des référés parisien Joël Boyer a considéré que ces photos constituaient des atteintes à la vie privée de l'actrice, ainsi qu'à son droit à l'image.
La fille de Nathalie Baye et de Johnny Hallyday réclamait quelque 60.000 euros de dommages et intérêts. L'actrice de 26 ans avait été hospitalisée le 4 janvier à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris après un malaise dans l'église de Saint-Germain-des-Prés. Certains médias avaient évoqué une "tentative de suicide", une information démentie par les proches de la jeune femme.
Les photos incriminées montraient Laura Smet devant l'église, le regard perdu, en train de se disputer avec un ami qui, selon Paris Match, essayait de la dissuader de s'enfermer dans l'église. Un autre cliché, parmi ceux donnant lieu à poursuite, montrait la jeune femme sur une civière.
Certes, a reconnu le magistrat, "il peut être admis, au regard de la polémique publique qui a opposé les proches de Johnny Hallyday au Dr Delajoux, que Laura Smet se soit trouvée, du fait de la situation particulière qui était la sienne, en sa qualité de fille du premier ayant pour compagnon le frère du second, sous les feux d'une certaine actualité".
Et "l'annonce publique par de nombreux médias (...) de l'hospitalisation de la demanderesse, pouvait justifier, au regard des critères contemporains, une reprise de cette information au motif de la légitime information du public sur un fait d'actualité touchant une jeune actrice à forte notoriété".
"Cependant, poursuit-il, aucune de ces circonstances ne peut justifier la publication de photographies prises à l'insu de l'intéressée dans les instants qui ont précédé le malaise dont elle a été victime (...) et qui révèlent une scène d'ordre privé (...) qui n'avait nullement vocation à être portée à la connaissance du public au-delà du cercle des passants et badauds qui ont pu en être les témoins".
